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Le Rendez-vous « Sport et Mondialisation » du Centre d’Analyse Stratégique (Premier Ministre)

 

Le 17 Juin 2008, le Centre d’analyse stratégique (Premier Ministre) a organisé à l’Hôtel Marigny un séminaire « Sport et Mondialisation ».

C’est devant un public composé de hauts fonctionnaires, universitaires et représentants des médias, que les termes du débat sur la mondialisation du sport ont été présentés.

La mondialisation du sport n’est pas un phénomène récent mais elle s’est accélérée depuis une vingtaine d’années et s’est accompagnée d’une activité marchande liée au sport ainsi que d’une internationalisation de la composition des clubs.

L’absence de corrélation entre audience télévisuelle et pratique sportive

Tout d’abord, Monsieur Fékrou Kidane, qui fut directeur de cabinet du Président du Comité International Olympique Samaranch expliqua que les Jeux Olympiques étaient une composante à part entière des relations internationales entre Etats et que cette manifestation, aujourd’hui totalement mondialisée, intéressait les Etats au plus haut point.

Ensuite, le Professeur Wladimir Andreff a présenté des chiffres impressionnants concernant les firmes opérant dans l’économie du sport. Le marché est de plus en plus mondial, il est évalué en 2004 à 550-600 milliards d’euros.

De même, le sponsoring sportif et les droits de retransmissions télévisuelles, actuellement laissées au jeu de la concurrence, atteignent des sommes considérables.

Au cours du débat, les participants ont posé la question : sur quels critères justifier les sommes souvent colossales que les Etats investissent pour accueillir les JO et les multinationales pour le sponsoring et les publicités TV ?

Ces moyens financiers et techniques mobilisés par la compétition sportive ne conduisent-ils pas à aggraver les inégalités sportives dans le sport ? De même, il n’existe pas de corrélation entre l’audience télévisuelle et la pratique sportive dans le monde car il existe tellement de pays pauvres où l’on ne peut même pas pratiquer le sport.

Vers une limitation des étrangers

Maître Serge Pautot (Légisport), avocat au barreau de Marseille, à l’origine de l’arrêt Malaja, intervenait pour souligner que là où les enjeux financiers sont devenus importants, le droit a investi le domaine du sport mondial sous l’effet également de l’application du droit communautaire et de la jurisprudence Bosman du 15 Décembre 1995.

Depuis, cette jurisprudence a été amplifiée par l’arrêt Malaja du 30 décembre 2002 qui permet à un club de football, basket-ball ou volley de recruter une équipe composée de joueurs polonais, russes, tchèques, marocains… sans aucun joueur national. Une véritable révolution dans le sport.

L’abolition des quotas, sous la pression de la liberté de circulation, a engendré l’émergence de clubs cosmopolites. N’est-ce pas grâce à des étrangers (joueurs, entraîneurs et actionnaires) que l’Angleterre a hissé deux de ses clubs (Chelsea et Manchester United) en finale de la Champions League en Mai 2008 ?

De même, lorsque Liverpool FC a remporté l’édition 2005 de cette Ligue des Champions face au Milan AC, le club victorieux ne comptait que 2 joueurs anglais sur les 14 engagés. Son équipe ressemblait à une mini-assemblée des Nations unies, avec 11 pays représentés sur les 14 héros !

Aujourd’hui, une polémique agite le milieu sportif international à propos de la liberté de circulation des joueurs. Elle n’est pas sans rappeler les controverses plus générales sur la mondialisation des échanges ou le patriotisme économique.

Plusieurs fédérations sportives internationales (football et volley-ball) viennent en effet de limiter la présence des joueurs étrangers dans les clubs, au mépris des règles de l’Union européenne. Le président de la Fédération internationale de Football (FIFA), Sepp Blatter, vient de faire adopter, lors du Congrès de la FIFA à Sydney le 29 mai 2008, une résolution progressive sur le « 6 + 5 », règle qui vise à imposer un minimum de six joueurs nationaux dans une équipe de club. A l’instar de la FIFA, les dirigeants de la Fédération internationale de volley ont décidé également de limiter progressivement le nombre d’étrangers, malgré la fronde de joueurs arborant en France et en Italie des tee-shirts « Let us play »(« Laissez-nous jouer »).

Ces décisions risquent de rencontrer l’opposition des footballeurs africains et sud-américains, qui cherchent souvent à s’expatrier, mais aussi des clubs européens, friands de joueurs étrangers.

Monsieur Noël Pons, conseiller du Service Central de Prévention de la Corruption a conclu en montrant la face sombre des dérives frauduleuses de la mondialisation du sport : blanchiment, sociétés écrans, détournements de fonds, dessous-de-table…

Photos : Le 17 Juin 2008, le Centre d’analyse stratégique (Premier Ministre) a organisé à Paris à l’Hôtel Marigny un séminaire « Sport et Mondialisation » (photos Christian Alard)

 

Photos Claude Fulconis

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